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Stage de Formule 4 🏁

  • Photo du rĂ©dacteur: La France est Belle
    La France est Belle
  • 10 aoĂ»t 2023
  • 3 min de lecture

Mercredi 19 Juillet, 10h.


Aprùs 2 ans d’attente pour cause d’annulation du stage par l’organisme, nous voilà enfin au bord de la piste. Nous n’avons rendez-vous qu’à 13h15 mais qu’importe.


Alexis s’est dĂ©jĂ  imprĂ©gnĂ© du circuit via des vidĂ©os mais il peut Ă  prĂ©sent le faire en vrai : observer les pilotes prendre les virages, Ă©couter le bruit des moteurs, sentir monter l’excitation, contrĂŽler la pression.


En dirait un enfant dans un parc d’attraction.

Ses yeux brillent, pĂ©tillent, son cƓur bat la chamade.


Enfin il est l’heure de s’enregistrer et d’assister Ă  un brief explicatif sur les consignes de sĂ©curitĂ© de pilotage. Cela ressemble Ă  une attraction mais une attraction puissante de 170 chevaux pour 450kg et capable d’atteindre les 260km/h.


Il s’agit tout de mĂȘme de rester prudent.


Trois autres personnes sont prĂ©sentes pour le stage mais il n’y a que 2 monoplaces.

Les pilotes vont devoir se relayer.

Tout le monde enfile combinaison ignifugée, casque, gants, chaussures.


Alexis est désigné pour passer le premier avec un cinquantenaire qui ne semble pas accompagné. Quelques séances photos et le voilà parti, la boule au ventre.


La voiture est rude, brutale, c’est elle qui semble vous contrĂŽler au dĂ©part.

Il faut tenir ses nerfs. Garder sa concentration. La mort peut ĂȘtre lĂ  au dĂ©tour d’un virage.


Mais peu Ă  peu la voiture ne fait plus qu’un avec le corps. Elle est le prolongement de nos bras, de nos jambes. Le moteur vrombit juste derriĂšre les oreilles, la pĂ©dale d’embrayage est trĂšs raide, celle de frein beaucoup plus sensible et puissante.

100, 110, 120, Alexis poussa la voiture jusqu’à 160km/h avec seulement 150 mùtres pour freiner et prendre le prochain virage.


La peur n’est plus lĂ . Seule l’excitation domine, l’adrĂ©naline, la joie.


C’est un sport trĂšs coĂ»teux et je n’avais malheureusement pu lui offrir que 5 tours. Tous les autres pilotes en avaient bien plus et j’avais peur qu’il ne soit déçu de s’arrĂȘter si vite



Premier coup de chance : le moniteur a mal compté et lui a permis de faire 7 tours au lieu de 5. Quelques minutes de bonheur supplémentaire.


“C’est dĂ©jĂ  bien pour une dĂ©couverte, me dit-il, j’ai les avant-bras et la nuque raide et presque une crampe au mollet”.


Je suis heureuse de le voir ravi.


Le cinquantenaire, Pascal ? lui effectue une pause au tiers de ses 18 tours.

Alexis lui demande comment cela s’est passĂ© pour lui, quelle vitesse maximale il a atteinte, quelle portion il a prĂ©fĂ©rĂ© etc.

Il est tout excité tandis que son interlocuteur semble plus réservé, presque stressé.


Nous avons fini notre session. Alexis lui propose de lui envoyer les photos et les vidĂ©os de son dĂ©marrage que j’ai prise. Il accepte avec joie et repart pour 6 tours supplĂ©mentaires.


Alexis est dans son Ă©lĂ©ment, il continue de regarder les autres pilotes tourner tout en discutant sport automobile avec le moniteur. C’est alors que Pascal effectue sa deuxiĂšme pause. Sa femme et sa fille sont arrivĂ©es entre temps.


Il s’approche de nous :

“Je suis fatiguĂ©, j’ai dĂ©jĂ  fait 12 tours et il m’en reste encore 6. J’ai vu que tu Ă©tais Ă  l’aise et que tu adorais ça ! Est ce que ça te dirait de faire mes 6 derniers tours restants Ă  ma place ?”


Je crois que nos yeux ont faillit sortir de leurs orbites et nos mĂąchoires se dĂ©boiter. Il nous offrait Ă  minima un cadeau d’une valeur de 300 euros et d’une valeur sentimentale bien plus importante encore pour Alexis.


Le rĂȘve se poursuivait.


Ni une ni deux, il renfila sa tenue et le voilĂ  reparti dans la monoplace.


Nous n’avions pas grand chose pour remercier ce prĂ©sent mais je parti en courant chercher une bouteille de rosĂ© dans le van que j’offrit Ă  notre bienfaiteur puis discutait poliment avec lui.

En revenant sur la piste, silence. La voiture ne tourne plus.


Je me retourne interloquée vers les autres pilotes.

“Oui, le moniteur vient de partir sur la piste avec le camion.”


Merde.

Qu’est-il arrivĂ© ?


Les secondes paraissent des heures avant que le bruit du moteur ne retentisse. Il ne m’a jamais paru si doux.


Ce n’est rien. Respire.


Avec l’adrĂ©naline et la pratique vient le surplus de confiance. Mais sans dommage.

Alexis aura testé ses limites et celles de la voiture. Cette aprÚs midi restera à jamais gravée dans nos mémoires.


Je vous souhaite Ă  tous de rĂ©ussir Ă  rĂ©aliser vos rĂȘves et de ressentir ce genre de chose.


A tous ceux qui ne connaissent pas le sport automobile, parole de sceptique : c’est bien du sport.


Alexis & Manon

-La France est Belle -



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